Le commerce en ligne connaît, depuis plusieurs années, une solide croissance. Au Sénégal comme ailleurs, la pandémie de la Covid-19 a accéléré massivement la tendance qui reste, malgré tout, un phénomène citadin, concentré principalement à Dakar. Plusieurs entreprises du Sénégal se sont mises en ligne pour maintenir leur activité. Le gouvernement facilite cette adaptation et pour la livraison de fournitures essentielles en accélérant la mise en œuvre des réformes en matière de commerce électronique. La pandémie de Covid-19 a donc dopé cet état de fait. L’habitude de faire ses courses sur internet n’avait pas vraiment percé au Sénégal, jusqu’à l’arrivée du nouveau coronavirus et l’instauration de mesures de confinement.

Depuis cette crise sanitaire donc, certains se frottent les mains et pas seulement pour les désinfecter. C’est le cas de plusieurs sociétés de livraison, principalement localisées dans la capitale sénégalaise. Depuis que le nouveau coronavirus a atteint le pays, début mars 2020, de plus en plus d’habitants se sont mis à commander des produits d’épicerie en ligne, pour éviter de prendre des risques en sortant de chez eux. Un sacré coup de pouce à des services de livraison naissants dans une société où d’habitude, les produits sont achetés dans les magasins ou dans les marchés.

Doublement de l’activité

C’est l’histoire du Club Kossam qui affirme avoir doublé son activité mensuelle en moins de trois mois. Chaque semaine, cette entreprise livre désormais des produits laitiers, des légumes, des fruits et de la viande à 1 300 ménages de Dakar. La crise a poussé cette société de livraison a accélérer le développement de son équipement informatique, au moment où le couvre-feu a empêché les achats de fin de journée dans les rues, a fixé des  restrictions aux transports publics et imposé la fermeture des marchés en plein air pour lutter contre la propagation du virus. Beaucoup de sénégalais ont ainsi modifié leur façon de faire des courses.

Les Sénégalais ont-ils pris le pli de l’achat en ligne ?

La plateforme de commerce électronique créée par le gouvernement sénégalais  a attiré un large éventail d’opérateurs.

Jusqu’à présent, une soixantaine d’entreprises ont adhéré à la plate-forme ou ont manifesté leur intérêt pour le faire. Il s’agit d’entreprises proposant des solutions de commerce électronique, de logistique et de paiement, ou encore de structures qui aident les entrepreneurs à mettre en place des opérations de commerce électronique.

L’entreprise est l’une des soixante installées comme elle sur le créneau encore embryonnaire du commerce électronique au Sénégal, selon un rapport du commerce et du développement des Nations unies , qui met en évidence les efforts déployés par le ministère sénégalais du Commerce pour répondre à l’épidémie en aidant le secteur de la vente à distance. Les blocages dus à la pandémie de Covid-19 ont accéléré le virage pris par les consommateurs vers les achats en ligne à travers le continent, a déclaré cette semaine le géant africain du commerce électronique Jumia.

Selon le directeur du Club Kossam, Lucien Diedhiou, “il y a une nouvelle génération qui change ses habitudes. (…) Je suis convaincu que les Sénégalais resteront intéressés par nos services au-delà de la fin de l’épidémie”, dit-il optimiste.

Un avis qui rend sceptique Rapidos, autre société sénégalaise de livraison à domicile, pour laquelle la période récente a aussi été très faste. Ses dirigeants attribuent le succès du commerce en ligne à la crise du coronavirus mais aussi aux achats liés au mois du ramadan. A leurs yeux, pas sûr qu’une fois cette période passée, le phénomène s’installe dans la durée.

Les ventes du Club Kossam ont atteint 62 millions de francs CFA en avril, contre une moyenne mensuelle de 30 millions avant l’épidémie et il a recruté 25 employés pour faire face à la forte augmentation de la demande.

Accélération des mesures

Le Sénégal est en train de réviser son cadre juridique et de rédiger un projet de loi sur la protection des données personnelles qui sera soumis à l’examen du Parlement. Il met également en place de nouvelles initiatives d’e-gouvernement telles que “Smart Sénégal”, qui vise l’utilisation de la technologie numérique pour améliorer le développement socio-économique.

L’utilisation des services monétaires mobiles a connu un réel essor et les entreprises de technologie fine promeuvent activement de nouvelles solutions qui regroupent différentes plateformes de paiement électronique.

Toutefois, il faut faire davantage pour améliorer l’interopérabilité des différentes plateformes, notamment entre les banques et les opérateurs de téléphonie mobile.

Le gouvernement soutient également les entreprises d’externalisation des processus commerciaux et des technologies de l’information et de la communication (TIC) afin qu’elles soient prêtes à exporter et à accéder aux marchés d’exportation des services.


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